HIGH SOCIETY 🇫🇷

High Society, Barbican

Click here for the English version 🇬🇧

En 2024, le Barbican Centre a eu la merveilleuse idée de remonter Kiss Me Kate. L’une des comédies musicales de Cole Porter que l’on préfère. En plus, avec Stephanie J. Block (qu’on a adorée dans Falsettos) et Charlie Stemp (qu’on a adoré dans Mary Poppins et Crazy For You). Pas de chance, on n’a pas pu voir ce beau spectacle. Nous étions donc tout excités en retrouvant Cole Porter à l’affiche du Barbican cet été pour une nouvelle production de High Society. On a une longue histoire avec ce musical.

D’abord, la pièce The Philadelphia Story de Philip Barry est géniale. Adaptée au cinéma par George Cukor en 1940, elle devient l’un de nos films favoris, une hilarante screwball comedy, une comédie romantique fantaisiste avec un trio exquis : Katharine Hepburn, Cary Grant et James Stewart. On l’a vu, revu et revu… En 1956, Charles Walters filme High Society, une nouvelle adaptation sous forme de comédie musicale avec Grace Kelly, Frank Sinatra et Bing Crosby. Il manque forcément la facétie de Katharine Hepburn. Tout cela est très réussi, certes, mais dénué du charme qui émane des joutes entre Hepburn, Grant et Stewart. Heureusement, la musique de Cole Porter est délicieuse, comme toujours, et confère au film un éclat certain.

C’est précisément cet éclat que l’on vient chercher au Barbican Centre ce soir d’été. D’abord, on est heureux d’y revenir. C’est sans doute la salle de Londres où l’on est le mieux assis et où on a la meilleure vue, quelle que soit sa place. Globalement : on a aimé le spectacle. Tracy Lord, jeune héritière hyper fortunée, s’apprête à se marier. Mais son premier époux et des journalistes rejoignent la fête, et sont sur le point de compromettre son union. La mise en scène de Rachel Kavanaugh n’est pas révolutionnaire, elle s’appuie beaucoup sur les effets de manche, et sur les saillies délivrées par tous les personnages. Il est vrai que l’on s’intéresse finalement assez peu à l’intrigue et aux soucis maritaux de cette haute-bourgeoisie de Long Island. Ce qui nous tient en haleine, c’est l’écriture ciselée de Arthur Kopit et les répliques cinglantes où planent (en tout cas pour nous) toujours l’ombre et le ton de Katharine Hepburn. Le spectacle est infiniment plaisant, et les comédiens sont remarquables. Peut-être nous a-t-il manqué un brin d’émotion, au milieu des situations burlesques. Le spectacle respire la légèreté, exsude la malice mais il est un peu chiche en sentiment amoureux. 

high society at the barbican

On s’en console bien vite tant on est éblouis par les décors et les costumes flamboyants de Tom Rogers et Jon Morrell, magnifiés par les étourdissantes chorégraphies de Anthony Van Laast. On avait déjà admiré son travail dans Tina : The Musical. Dans High Society, il converse avec Cole Porter et sublime ses mélodies. Véritablement, la mise en scène nous en met plein la vue, et joue avec le charme suranné que l’on espérait. On se laisse bien volontiers envelopper dans cet univers d’insouciance, de pastel, de piano et de froufrou. Rien que pour ce sentiment, le spectacle vaut d’être vu. Et puis on se laisse happer par les corps virevoltants, par un final brillant, et on est déjà nostalgique. Nostalgique d’une époque qu’on n’a pas connue et d’une douceur de vivre qu’on ne connaîtra jamais. Alors on obéit à l’injonction d’une des plus belles chansons de Cole Porter : « Let’s Misbehave » et on file se dévergonder dans la nuit londonienne.

https://www.barbican.org.uk/

Posted in

Une réponse à « HIGH SOCIETY 🇫🇷 »

  1. […] Clique ici pour la version française 🇫🇷 […]

Laisser un commentaire

En savoir plus sur Paris West End

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture